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Présentation
Le XVe colloque international d’onomastique, organisé par la Société française d’onomastique en collaboration avec la Commission nationale de toponymie, se déroulera du 9 au 11 juin 2010 à Aix-en-Provence (UMR TELEMME « Temps, Espaces, Langages Europe Méridionale Méditerranée », Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme).
Les thèmes retenus sont les suivants :
Le nom propre a-t-il un sens ?
Les noms propres dans les espaces méditerranéens
Le premier thème peut être défini par la question « Le nom propre a-t-il un sens ? ». Les noms propres de lieux, de personnes ou autres (animaux, bateaux, marques…) sont créés, à des époques diverses et dans des contextes également divers, pour répondre à ce que les linguistes appellent une motivation. Au point de départ des noms comme Aix, Ax, Dax ou Aiguebelle, Aiguemorte, Eaubonne, désignent des lieux qui avaient un rapport avec l’eau, qu’elle soit thermale ou non, valorisée ou non. Aurillac ou Orly se rapportent à des domaines ruraux de l’époque gallo-romaine appartenant à, ou gérés par un certain Aurelius. Des lieux-dits tels que Avenières ou Chènevières ont été appelés ainsi parce qu’à l’origine on y cultivait de l’avoine ou du chanvre. Et de même des noms de famille comme Blanc, Leblanc sont-ils d’anciens pseudonymes désignant des personnes aux cheveux blancs ou au teint paraissant plus clair que les autres, les Dumas, Duhamel, Dubourg étaient censés venir d’un mas, d’un hameau, d’un bourg bien identifié. La motivation est d’un autre ordre, dans des appellations telles que lycée Zola, rue Victor Hugo, avenue de la Liberté ou encore impasse des Myosotis, qui, commémorant des personnages ou des événements ou exprimant des valeurs, ont un caractère symbolique affirmé, mais le sens est toujours au cœur de ces créations onomastiques. Avec le temps ce sens primitif des noms de lieux et de personnes tend à être atténué, à être modifié et souvent à disparaître, selon la loi générale du langage. On peut se satisfaire de cette perte de sens, qui n’empêche pas la communication, mais on peut aussi éprouver le besoin de retrouver le sens premier ou de redonner du sens aux noms de lieux ou de personnes qui sont en usage. Il pourra y avoir alors des processus de « remotivation », de réinterprétation de ces noms, qui pourront prendre des formes très diverses, être savants ou populaires et parfois nous paraître excessifs ou ridicules, mais de toute façon sont nécessairement significatifs à partir du moment où ils sont adoptés par l’usage.
Il sera intéressant de s’interroger sur la nature exacte de ces phénomènes de réinterprétation, leur extension, leur portée, leur ancienneté, les conditions dans lesquelles ils se produisent, les conséquences qu’ils ont dans l’usage oral ou écrit et dans l’établissement des normes graphiques, mais d’une façon plus générale c’est la question du sens et de la quête du sens dans le langage onomastique qui sera abordée, à travers des cultures et des langues de différentes origines et dans des contextes historiques également divers, que ce soit au point de départ de la création onomastique ou en cours de chemin.
Le deuxième thème sera, comme c’est l’usage dans les colloques de la SFO, adapté à la région qui reçoit ce colloque. Plutôt que d’un thème, il s’agit d’un cadre assez large, celui de la Méditerranée, dans lequel pourront être accueillies des communications portant sur des sujets d’onomastique librement choisis par leurs auteurs. Cela permettra en particulier à des chercheurs provençaux de présenter les résultats de leurs recherches ou leurs projets de recherche concernant la Provence et les Alpes Maritimes. Comme l’indique le titre, c’est le bassin méditerranéen qui se trouve concerné, c’est-à-dire également les rives languedociennes et catalanes du côté français, mais aussi l’ensemble des pays méditerranéens. Etant donné les dimensions internationales des activités de la SFO et de la CNT et en particulier les actions engagées par la CNT dans la perspective de la reconnaissance par l’UNESCO de la toponymie comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité, il serait souhaitable que puissent être inscrites à ce colloque des communications venant des pays du sud de la Méditerranée. Enfin les tentatives de comparaison entre des domaines méditerranéens de langue et de culture différentes seront les bienvenues.
Ce colloque d’onomastique est une manifestation scientifique qui doit rassembler des chercheurs en onomastique français et étrangers, faire état de recherches en cours et susciter l’innovation théorique et méthodologique. Cependant il s’agit aussi de favoriser l’ouverture de la toponymie et de l’anthroponymie vers des publics cultivés non spécialistes de ces disciplines, mais qui éprouvent le besoin de mieux connaître les noms de lieux et les noms de personnes qu’ils utilisent tous les jours. C’est pourquoi les organisateurs de ce colloque souhaitent vivement que les chercheurs qui répondront à cet appel à communications puissent tenir compte de ces exigences aussi bien dans le choix de leurs sujets que dans la façon de les traiter.
Le comité scientifique du colloque est composé de :
M. Jean-Claude BOUVIER
M. Pierre JAILLARD
M. Jean-Claude MALSY
Mme Marianne MULON
Mme Martina PITZ
M. Michel TAMINE
M. Gérard TAVERDET
pré-Programmation des interventions
Secrétariat : Mme Sylvie LEJEUNE
Secrétaire de la Société Française d’Onomastique
23, allée des Pelouses d’Ascot
33270 BOULIAC
Courriel : sylvie.lejeune-modi@wanadoo.fr
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organisation matérielle
informations pratiques et logistiques
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