Société française d’onomastique
Accueil du sitePhénoménologie d’une discipline
Dernière mise à jour :
vendredi 3 septembre 2010
Statistiques éditoriales :
82 Articles
4 Brèves
7 Sites Web
13 Auteurs

Statistiques des visites :
67 aujourd'hui
108 hier
37723 depuis le début
     
La théorie du nom propre et la neurolinguistique
lundi 9 juin 2008
par Maitre de toile
popularité : 7%

article de Willy VAN LANGENDONCK Centre International d’Onomastique - Département de Linguistique Blijde-inkomststraat 21 B-3000 LEUVEN (LOUVAIN) e-mail : Willy.VanLangendonck@arts.kuleuven.ac.be

Paru dans le N° 35-36 année 2000 de la NRO

Introduction

D’un point de vue théorique les noms propres n’ont pas cessé d’attirer l’attention des philosophes depuis l’Antiquité grecque (voir l’aperçu de Summerell 1995), Or ce n’est qu’au vingtième siècle que les théoriciens se sont intéressés au nom propre à partir de l’onomastique, Par ailleurs, les linguistes n’ont traité dù nom propre que de façon sporadique dans le cadre de la grammaire. Cela a pourtant changé dans ces dernières années. Ainsi Gary-Prieur (1994 : 247) affirme-t-elle que : « le nom propre relève de plein droit d’une analyse linguistique », L’intérêt montré pour le nom propre de la part des psycholinguistes et des neurolinguistes est assez récent également. Dans cet article, j’essaierai de démontrer que les noms propres n’ont pas de significations affirmées, mais au contraire des significations présupposées. Du côté formel, j’introduis le critère syntaxique de l’apposition. Ces hyPothèses linguistiques se trouvent confirmées par de récentes expérimentations neurolinguistiques. Depuis environ un demi-siècle, les linguistes font usage d’expériences psycholinguistiques afin de corroborer ou de réfuter leurs propres théories linguistiques ou œlles des autres. De même, les linguistes œuvrent actuellelWnt pour tester œrtaines thèses sur la base de recherches neurolinguistiques. Toutefois, en ce qui concerne les noms propres, les onomasticiens, les linguistes ou les philoso- phes du langage ont à peine envisagé la possibilité de s’informer chez les psycholinguistes, et bien moins encore chez les neurolinguistes. Or, en fait, ce sont ces deux catégories de spécialistes qui, ces derniers temps, ont pris à coeur la question des noms propres, pour une raison évidente : pour eux les noms constituent un objet d’étude intéressant (cf, Carroll 1985 ; Valentine & Brennen & Brédart 1996 ; Semenza & Zettin 1988 ; 1989 ; Semenza & Nichelli & Gamboz 1996 ; Bayer 1991) parce que, d’après Semenza (1997 : 116), la compréhension de différences dans le traitement cognitif entre les noms communs et les noms propres nous permet de nous former une idée claire jusqu’ici inégalée du fonctionnement du système sémantique en général dans notre cerveau. Les noms propres sont importants, selon Semenza, non seulement pour des raisons sociales ou parce qu’ils constituent un cas particulier dans le domaine de la sémantique, mais aussi parce qu’ils sont révélateurs des processus qui repèrent les noms dans le cerveau en comparant le traitement cognitif des noms propres avec celui des noms communs. En outre, les neurolinguistes comparent les résultats de leurs expériences avec les idées que les philosophes du langage avancent au sujet de la référence et de la signification éventuelle des noms propres. Avant d’aborder la discussion philosophique, linguistique et neurolinguistique, je voudrais brièvement signaler un malentendu qui règne parmi les onomasticiens et les linguistes sur deux interprétations du terme ’nom propre’. Comparons les deux phrases suivantes : (1) Louvain est devenu une belle petite ville. (2) Tu connais encore un autre Louvain ? Dans la phrase (1), tout comme dans (2), nous avons à faire à la ’forme propriale’ Louvain, de laquelle on pourrait par exemple examiner l’étymologie:z. Cependant, ce n’est que dans (1) qu’il est ...............................................................................à suivre