La Nouvelle Revue d’Onomastique a vingt-cinq ans. C’est un bel âge que nous avons le bonheur de pouvoir fêter cette année. Le titre rappelle qu’elle succède à la Revue Internationale d’Onomastique fondée par Albert Dauzat, en 1947, et dont la publication a été interrompue après la mort brutale de sa regrettée éditrice, Mme d’Artray. De 1977 à 1983, nous n’avons disposé d’aucun périodique spécialisé pour accueillir la production française dans le domaine des noms de personne et des noms de lieux et faire le lien avec les chercheurs des autres pays. Situation scandaleuse à nos yeux ; on peut penser, sans craindre beaucoup de se tromper, qu’elle l’aurait été tout autant pour Albert Dauzat. Elle n’a cessé qu’en 1983, quand a été lancé le premier numéro de la nouvelle revue. Publication alors modeste, mais l’élan a été soutenu par une volonté commune assez forte pour que la nouvelle venue s’affirme et qu’au noyau primitif se joignent des contributeurs de talent. Il suffit de comparer à ce numéro de départ les numéros actuels pour mesurer les progrès accomplis.
Moins que jamais il n’est possible de travailler séparé du monde. Comme son aînée la R.I.O., la Nouvelle Revue d’Onomastique est ouverte, non seulement sur la Romania, son domaine par excellence, mais sur les études capables de faire progresser des connaissances dont la valeur ne fait aucun doute à nos yeux. Un seul critère reste à l’ordre du jour : la qualité.
La revue et la Société française d’Onomastique dont elle est l’organe d’expression, doivent leur existence et leur survie à un petit groupe de chercheurs qui nous ont apporté ce soutien. Nous souhaitons être en mesure de servir l’onomastique. Cette discipline intéresse un très large public dont nous ne touchons malheureusement qu’une petite partie, faute de moyens. C’est dire que notre effort doit être poursuivi et intensifié pour que notre pays et ses régions aient l’onomastique qu’ils méritent.
Jacques CHAURAND